Un coup médiatique. Le 5 avril dernier, le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement - Terre solidaire (CCFD) a embarqué journalistes et photographes à bord d’un bus impérial. Objectif de l’opération : rallier les QG parisiens de certains candidats à l’élection présidentielle. Et les interpeller sur le « scandale » des paradis fiscaux. L’ONG comptait ainsi obtenir des engagements fermes sur seize propositions. Au cœur des débats : l’évasion fiscale des multinationales et des banques. Au final, Nicolas Sarkozy, François Hollande, François Bayrou, Jean-Luc Mélenchon ou Eva Joly ont décliné l’invitation. Ce sont des représentants qui ont reçu les bénévoles, venus remettre un chèque géant de 100 milliards d’euros. Une somme destinée aux citoyens, équivalente à la fraude fiscale internationale sur un quinquennat. Chaque année, au moins 20 milliards échapperaient au budget de l’Etat. Un « fléau mondial » qui priverait les pays en développement de 125 milliards d’euros de recettes.
Guillaume Gomis s'est immiscé dans le convoi militant pour Radio Solidaire. Reportage...
09h. Siège du CCFD, Ier arrondissement de la capitale. Les participants tentent de se réchauffer autour d’un café brûlant. Certains bénévoles enfilent des polos siglés aux couleurs de l'ONG. D’autres se déguisent. Ils revêtent costumes sombres et chapeaux haut-de-forme. Mallettes en main, cigares en poche, ils représentent aujourd’hui… les banques fraudeuses.
09h30. Le bus touristique sur deux étages démarre. Première étape, très symbolique : l'Assemblée nationale. Outre les candidats à la présidentielle, le CCFD - Terre Solidaire souhaite aussi faire entendre son message auprès des futurs députés élus en juin prochain. Ce sont eux qui devront voter les mesures envisagées. Encadrés par les forces de l’ordre, les militants déploient leurs drapeaux et entonnent des slogans engagés. Parmi eux : Bernard Pinaud, délégué général. Il regrette un manque de clarté dans les programmes électoraux…
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10h10. Deuxième arrêt : le QG de campagne de Nicolas Sarkozy, rue de la Convention. En amont, l’association n’a reçu aucune confirmation de rendez-vous. Les bénévoles en profitent pour se masser illico devant les locaux flambant neufs. L’un d’eux dégaine son porte-voix.
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Quelques minutes de tractations. Sous la pression, Marie-Claire Daveu, conseillère du président sortant sur les questions de développement, accepte de recevoir deux bénévoles. La presse tente également de s’engouffrer. Halte. Les vigiles font barrage. En échange de l’entretien, le cortège doit s’éloigner. L’occasion d’interroger des banquiers de circonstance…
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10h40. Bernard Pinaud et Mathilde Dupré quittent l’enceinte du QG. Le délégué général et l’experte des questions fiscales au CCFD arborent une mine réjouie. Réactions dès la sortie.
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Contre toute attente, cette visite semble satisfaire la foule. Résultat insuffisant, toutefois, pour délivrer le fameux chèque. Frigorifié, le convoi remonte dans le bus. A bord, Bernard Pinaud nous détaille ses revendications. Il nous parle aussi des autres combats du CCFD. Ecoutez…
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11h10. Arrivée au siège de l’Unesco. Les bénévoles doivent rencontrer Philippe Douste-Blazy, ancien ministre et porte-parole de François Bayrou. Le conseiller spécial du Secrétaire général des Nations unies, chargé des sources novatrices de financement du développement, accueille l’association au nom du Modem. Une nouvelle fois, les médias sont priés d’attendre à l’extérieur. A l’issue des discussions, Bernard Pinaud et Mathilde Dupré racontent à chaud.
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Pas de signature ni photos. Philippe Douste-Blazy ne délaissera guère son bureau. Retard oblige, il est grand temps de se séparer. Chèque dans le coffre, une poignée de militants saute dans un taxi. Direction : le siège de Jean-Luc Mélenchon aux Lilas (Seine-Saint-Denis). Catherine Gaudard fait partie de la délégation clairsemée dépêchée au QG du Front de Gauche. La directrice du plaidoyer du CCFD qui se dit « satisfaite » des échanges sur place…
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14h. Palais-Royal. Un déjeuner sur le pouce et les membres de l’ONG rejoignent les abords du Conseil d’Etat. Mal en point, Eva Joly est restée à Nantes. La candidate d’Europe Ecologie - Les Verts est représentée par Pascal Canfin. Très concerné par la question de l’évasion fiscale, le député européen EELV approuve, sans détour, les suggestions de Bernard Pinaud.
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Au milieu des caméras et micros, Pascal Canfin s’engage donc sur les propositions du CCFD. Selon lui, elles s’avèrent en parfaite adéquation avec le programme d’Eva Joly. Verbatim…
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14h40. Dernière escale : le PS, avenue de Ségur. Les bénévoles devaient s’entretenir avec Pierre Moscovici, directeur de campagne de François Hollande. Tête-à-tête annulé. Cependant, Bernard Pinaud et Mathilde Dupré pénètrent dans le siège du candidat socialiste. Ils en ressortent plutôt satisfaits… et invitent les journalistes à les suivre à l’intérieur du QG.
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Membre de l’équipe de campagne en charge de la coopération décentralisée, Pierre Schapira estime que le « Pacte pour une Terre solidaire » du CCFD se révèle compatible avec les préoccupations de François Hollande. Voici la déclaration de l’adjoint au Maire de Paris...
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15h30. Le CCFD repart avec une lettre signée par le candidat PS. Bilan : les candidats sollicités ont pris des engagements, même timides. Malgré les défections, l’ONG relève des avancées notables sur leurs idées. Mission accomplie pour Mathilde Dupré et Bernard Pinaud.
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Pour l’heure, les paradis fiscaux prospèrent à travers le monde. Selon plusieurs membres de l’association, les engagements des dirigeants du G20 pris en 2008 sont restés des vœux pieux. Pour en savoir plus sur le CCFD – Terre solidaire, cliquez ici.
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